Tu reçois une relance d’Intrum et tu te demandes si tu dois payer tout de suite, ignorer ou contester. Ce guide pratique, conçu pour une entrepreneure pressée comme toi, explique précisément ce que signifie « ne pas payer Intrum », ce que la loi autorise ou interdit, et les actions concrètes à mener avant d’effectuer le moindre règlement.
En résumé :
Avant tout paiement, exige les pièces et gagne du temps pour protéger ta trésorerie et tes droits.
- Demande la copie du contrat, le décompte détaillé et la preuve de cession ou du mandat d’Intrum.
- Ne paie pas tant que les justificatifs ne sont pas fournis et privilégie les échanges écrits.
- Refuse les frais de recouvrement amiable en invoquant l’article L111-8 du Code des procédures civiles d’exécution.
- Vérifie la prescription (date du premier impayé) et évite toute formulation qui constituerait une reconnaissance écrite.
- Si la dette est avérée, négocie un échéancier écrit avec gel des intérêts et confirmation de l’absence de frais à ta charge.
Ce que signifie réellement « ne pas payer Intrum » et ce que dit la loi
Avant d’entrer dans les cas concrets, voici le cadre général qui définit les pouvoirs d’une société de recouvrement et les limites légales de son action.
Définition d’Intrum
Intrum est une société de recouvrement amiable qui intervient soit comme mandataire du créancier initial, soit comme cessionnaire lorsqu’elle rachète des créances. Son rôle consiste à relancer, négocier et obtenir un paiement sans passer par le juge.
Concrètement, Intrum peut t’envoyer des courriers, appeler, proposer des échéanciers et tenter de résoudre le dossier à l’amiable. Sa mission vise à récupérer le principal et éventuellement les intérêts contractuels, mais elle ne dispose pas de pouvoirs judiciaires automatiques.
Définition du recouvrement amiable
Le recouvrement amiable correspond à la phase pré-judiciaire au cours de laquelle un créancier ou son mandataire contacte le débiteur pour obtenir le règlement sans décision de justice. Les moyens employés sont des courriers, des emails, des appels et des propositions d’échéancier.
Cette phase permet souvent de résoudre les impayés rapidement, par un accord. Néanmoins, elle repose sur la sollicitation et la négociation, et non sur la contrainte juridique.
Ce qu’une société de recouvrement a le droit de faire selon Service-public
Si tu dois une somme et ne la rembourses pas, une société de recouvrement amiable peut te réclamer le paiement au nom du créancier ou en tant que cessionnaire. Elle est autorisée à demander le règlement et à proposer un plan de remboursement.
Ces demandes doivent s’accompagner d’informations claires : identité du créancier d’origine, montant réclamé et références du dossier. Tu as le droit de demander ces éléments avant de payer.
Ce qu’Intrum ne peut pas faire sans juge
Intrum ne peut pas saisir tes biens ni bloquer tes comptes bancaires sans un titre exécutoire délivré par un juge et l’intervention d’un huissier. Les menaces de saisie, lorsqu’elles sont proférées sans titre, relèvent souvent d’une pression psychologique et n’ont pas d’effet juridique.
De même, Intrum ne peut pas te condamner ni divulguer ta situation à des tiers non autorisés. Toute action contraignante nécessite d’abord une décision judiciaire formalisée et signifiée par un officier ministériel.
Frais de recouvrement amiable interdits pour le débiteur
Conformément à l’article L111-8 du Code des procédures civiles d’exécution, les frais de recouvrement amiable (frais de dossier, relances, honoraires) sont supportés par le créancier. Tu n’es pas tenu de les régler.
En pratique, si une lettre réclame des frais supplémentaires à ta charge, tu peux les contester immédiatement et demander le détail du calcul du principal et des intérêts contractuels uniquement.
Pression au paiement immédiat
Aucune société de recouvrement ne peut te contraindre juridiquement au paiement immédiat sans titre exécutoire. Tu as le droit de vérifier la créance et d’exiger les justificatifs avant tout règlement.
Si la relance est agressive ou pressante, privilégie les échanges écrits et garde une trace de toutes les communications. Cela protège tes droits et évite les erreurs d’appréciation sous la pression.
Les cas où il est légal de ne pas payer Intrum
Voici les situations fréquentes où tu peux légitimement suspendre tout paiement et exiger des preuves.
Dette non prouvée ou documents incomplets
Si Intrum ou le créancier ne fournit pas la preuve écrite de la dette, tu peux suspendre tout paiement. Exige la copie du contrat d’origine, les conditions générales applicables et le décompte précis du principal et des intérêts.
Sans ces pièces, aucune justification ne permet de valider la créance. Refuser de payer en l’absence de preuve est une réponse sécurisée pour préserver ta situation financière et tes droits.
Absence de preuve de la qualité d’Intrum pour agir
Quand Intrum affirme agir pour le compte du créancier initial, demande un mandat ou une attestation du créancier. Si la créance a été cédée à Intrum, exige la preuve de cession ou une notification de cession en bonne et due forme.
Si on prétend l’existence d’un titre exécutoire, demande la copie intégrale et la preuve de signification. Sans ces éléments, il n’existe pas de base pour un paiement forcé.
Dette prescrite
Si le délai de prescription est écoulé depuis le premier impayé non régularisé, la créance peut être juridiquement contestée. Les délais varient, généralement entre 2 et 10 ans selon la nature du dossier.
Attention, un paiement ou une reconnaissance écrite interrompent la prescription. Avant toute réponse, vérifie la date du premier incident pour déterminer si la créance est toujours exigible.
Montant erroné ou incohérences majeures
Un montant incohérent, une erreur d’identité, une dette déjà réglée ou une double facturation sont des motifs sérieux pour refuser le paiement. Demande un décompte détaillé et vérifie chaque ligne.
Si l’erreur est substantielle et non corrigée, tu peux t’opposer au paiement jusqu’à obtention des justificatifs corrects.
Frais de recouvrement amiable ajoutés
Refuse toute exigence de frais de dossier, lettres ou honoraires répercutés sur toi. Ces sommes doivent rester à la charge du créancier conformément à la règle citée précédemment.
Si le courrier inclut de tels frais, réponds en rappelant l’article L111-8 et demande la suppression de ces lignes du décompte.
Pratiques de pression abusives
Menaces de saisie immédiate, d’inscription publique ou de divulgation à l’employeur relèvent souvent d’une pratique intimidante et peuvent être illégales. Exige des échanges écrits et cesse les communications téléphoniques si elles deviennent agressives.
Tu peux signaler les abus aux autorités compétentes et conserver tous les éléments comme preuve en cas de recours.
Avant de payer quoi que ce soit: les vérifications à faire pas à pas
Voici une méthode structurée pour vérifier le dossier avant d’autoriser tout paiement.
Si tu es en phase de création d’entreprise, vois aussi comment sécuriser le dépôt de capital lors de la création.
Vérifier l’identité et le cadre d’intervention d’Intrum
Confirme si Intrum agit comme mandataire ou cessionnaire. Demande les coordonnées officielles, le numéro de dossier, le nom du créancier d’origine et la référence du contrat.
Ces informations déterminent les pièces à réclamer et l’origine de la dette. Sans identité claire et justificatifs, tu peux suspendre le paiement.
Demander et analyser les justificatifs essentiels
Exige systématiquement : le contrat d’origine ou les conditions générales, la preuve de cession ou le mandat, un décompte détaillé (principal, intérêts contractuels, pénalités), l’historique des incidents de paiement et la copie de tout titre exécutoire invoqué.
Analyse précisément chaque document : dates, montants, signature et concordance des références. Si un élément manque ou semble falsifié, ne paie pas et demande des éclaircissements écrits.
Écarter immédiatement les sommes illégitimes
Rayes sans hésiter toute ligne correspondant à des frais de recouvrement amiable interdits par l’article L111-8. Refuse également les pénalités qui ne reposent sur aucune base contractuelle montrée.
Inscris clairement dans ta réponse que tu conteste ces sommes et que tu ne paierez que le principal et les intérêts contractuels confirmés par pièces.
Évaluer la prescription
Repère la date du premier impayé non régularisé et recherche tout acte interruptif : paiement partiel, reconnaissance écrite ou action en justice. Ces éléments font repartir le délai de prescription.
Si le délai applicable est dépassé et qu’aucun acte interruptif n’existe, indique par écrit que tu invoques la prescription et refuse tout paiement. Garde une copie de ta communication.
Décider de la posture adaptée
Si les preuves sont insuffisantes ou la dette contestée, refuse de payer et exige les justificatifs. Si la dette est plausible mais trop lourde, prépare une négociation d’échéancier et demande le gel des intérêts.
Si un titre exécutoire existe, consulte rapidement un professionnel du droit pour identifier tes recours et respecter les délais de contestation.
Prescription: comprendre, vérifier et ne pas la compromettre
La prescription peut être déterminante pour savoir si tu dois payer. Voici comment la comprendre et la préserver.
Ce qu’est la prescription
La prescription est le délai au-delà duquel un créancier ne peut plus obtenir judiciairement le paiement. En pratique, les délais varient généralement entre 2 et 10 ans selon la nature de la dette.
Connaître le délai applicable te permet de détecter les dettes qui ne sont plus exigibles et d’agir en conséquence sans céder à la pression.

Point de départ et interruptions
Le point de départ est en général la date du premier incident de paiement non régularisé. Une reconnaissance écrite ou un paiement partiel interrompt la prescription et relance le délai.
De même, une action en justice ou la délivrance d’un titre exécutoire interrompt et suspend la prescription. Ces règles expliquent pourquoi il faut éviter toute formulation ambiguë lors d’échanges.
Vérifications concrètes
Demande le relevé des incidents indiquant la date du premier impayé. Recherche tout paiement partiel, toute lettre de reconnaissance ou tout acte judiciaire intervenu depuis.
Si le délai est dépassé et qu’aucun acte interruptif existe, écris que tu invoques la prescription et refuse le paiement. Garde des preuves de ton envoi.
Prudence pendant les échanges
Évite les formulations qui reconnaîtraient la dette de façon irrévocable. Si tu négocies, utilise des termes du type « sous réserve de mes droits » ou « sans reconnaissance de responsabilité » pour ne pas interrompre la prescription involontairement.
Les grands recouvreurs comme Intrum sont souvent diligents, mais des erreurs ou des dossiers mal suivis existent. Reste vigilant et conserve toutes les traces écrites.
Négocier sans se mettre en faute si la dette est due
Si la créance est prouvée et non prescrite, négocier est souvent la meilleure option pour prévenir une procédure et préserver ta trésorerie.
Quand négocier
Négocie lorsque la dette est établie, non prescrite, et que tu ne peux pas régler la somme en une fois. L’objectif est d’adapter le remboursement à ta capacité financière.
Proposer un échéancier peut éviter une procédure et améliorer la relation avec le créancier, surtout si tu montres une volonté réelle de régler.
Objectifs de la négociation
Viser un échéancier cohérent avec ton budget mensuel, idéalement sans intérêts additionnels pendant l’étalement. Demande si une remise partielle est possible sur les intérêts ou pénalités contractuelles.
Exige par écrit le gel des frais de recouvrement amiable et la confirmation que le plan accepté mettra fin aux relances. Un accord écrit protège contre des réclamations futures.
Canal et bonnes pratiques
Utilise l’espace client Intrum ou envoie un courrier recommandé avec accusé de réception pour conserver des preuves. Fournis un budget sommaire pour justifier ta proposition d’échéancier.
Propose une première mensualité modeste et des paliers, et exige un écrit récapitulant le montant total, le nombre de mensualités, les dates d’échéance, le gel des intérêts et l’absence de frais de recouvrement à ta charge.
Modèle de réponse écrite à adresser à Intrum
Voici un modèle direct, adaptable et orienté protection de tes droits. Adapte les éléments entre crochets à ton cas.
Objet : Demande de justificatifs et contestation partielle
Madame, Monsieur,
Je conteste à ce stade tout paiement immédiat et vous prie de bien vouloir m’adresser sous quinze jours les documents suivants :
- La copie du contrat ou des conditions générales à l’origine de la créance.
- Le décompte détaillé distinguant principal et intérêts contractuels.
- La preuve de votre qualité à agir : mandat du créancier initial ou justificatif de cession de créance.
- La copie de tout titre exécutoire si vous en invoquez l’existence.
- L’historique des incidents de paiement pour vérifier la prescription.
Je vous rappelle que, conformément à l’article L111-8 du Code des procédures civiles d’exécution, tout frais de recouvrement amiable est à la charge exclusive du créancier et ne peut m’être réclamé.
Dans l’attente de ces éléments, je suspends tout paiement et vous demande de privilégier les échanges écrits. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Nom et signature]
Que faire face aux scénarios les plus fréquents
Voici des réponses courtes et opérationnelles aux situations que tu peux rencontrer au quotidien, avec des attitudes concrètes à adopter.
Premier SMS ou appel de relance
Ne paie pas sur l’instant. Demande l’email de contact pour recevoir les justificatifs par écrit et refuse de communiquer des informations sensibles au téléphone.
Conserve la trace de l’appel ou du message et indique que tu demandes les pièces nécessaires avant tout règlement. Cela calme le jeu et évite les erreurs.
Courrier réclamant des frais de dossier
Réponds par écrit en rappelant l’article L111-8 et demande le détail du montant principal et des intérêts contractuels uniquement. Demande la suppression de toute ligne de frais reprise à ta charge.
Si la dette est plausible, propose le paiement du principal sous réserve de réception des pièces, ou une négociation d’échéancier par écrit.
Menace de saisie sous 48 heures
Réponds que sans titre exécutoire et intervention d’un huissier, aucune saisie n’est juridiquement possible. Demande les références précises du jugement ou de l’injonction prétendument signifiée.
Conserve tous les échanges et, si une signification existe, consulte rapidement un conseil juridique pour respecter les délais et décider de l’opposition éventuelle.
Découverte d’une dette ancienne
Vérifie immédiatement la prescription en recherchant la date du premier impayé et tout acte interruptif. Si le délai est dépassé sans interruption, oppose la prescription par écrit.
Si tu identifies un paiement partiel ou une reconnaissance, analyse l’impact : ces actes peuvent relancer le délai de prescription et rendre la dette à nouveau exigible.
Appel d’un huissier à ce stade amiable
Un huissier sans titre exécutoire ne peut pas procéder à une saisie. Demande son identité, le fondement de son intervention et réitère ta demande de pièces à Intrum.
Reste poli mais ferme, et documente la visite. Si l’huissier agit sans fondement, tu peux solliciter un conseil juridique sur les suites à donner.
Réception d’une injonction de payer
Vérifie la date de signification et les délais d’opposition. Une opposition doit être formée dans le délai légal à compter de la signification pour préserver tes droits.
Saisis rapidement un conseil juridique et rassemble les éléments de contestation : contrats, preuves de paiement, échanges antérieurs et tout document montrant une erreur ou la prescription.
Comment reconnaître une créance Intrum légitime
Différencier une réclamation fondée d’un démarchage agressif te permet d’agir rapidement et en confiance.
Éléments qui doivent apparaître dans les échanges sérieux
Une créance légitime comporte l’identité d’Intrum, les références du dossier et du créancier initial, ainsi que le fondement contractuel. Le montant doit être ventilé entre principal et intérêts contractuels.
La preuve d’un mandat ou d’une cession doit également être fournie. L’absence de frais de recouvrement facturés au débiteur est un signe de conformité à la règle légale.
Signaux d’alerte
Les signes d’alerte incluent un montant global sans détail, l’ajout de frais de dossier, la pression pour un paiement immédiat, des menaces imprécises de saisie ou le refus de fournir les documents demandés.
Si plusieurs signaux apparaissent, exige les pièces et, en cas de doute, consulte un professionnel avant tout règlement.
Vos droits à chaque étape et rappels clés
Voici, synthétisés, les droits que tu peux faire valoir immédiatement pour te protéger.
- Exiger la preuve de la dette : contrat, décompte, mandat ou cession, et tout titre exécutoire allégué.
- Refuser les frais de recouvrement amiable en t’appuyant sur l’article L111-8 du Code des procédures civiles d’exécution.
- Opposer la prescription si le délai applicable est écoulé depuis le premier impayé non interrompu.
- Refuser toute saisie sans titre exécutoire et intervention d’un huissier.
- Négocier un échéancier via l’espace client Intrum, en demandant le gel des intérêts et la confirmation écrite de l’absence de frais à ta charge.
Pour t’aider à estimer rapidement la prescription selon le type de dette, voici un tableau indicatif des durées fréquemment rencontrées. Ces valeurs sont données à titre illustratif et peuvent varier selon le dossier.
| Type de dette | Délai indicatif de prescription |
|---|---|
| Dettes de consommation courante | 2 à 5 ans (selon contrat et nature) |
| Crédit à la consommation / crédit renouvelable | 2 à 5 ans selon le dossier |
| Dette contractuelle plus lourde (ex : prêts) | 5 à 10 ans selon la nature et interruptions |
| Factures non contestées entre professionnels | variable, souvent plusieurs années |
Si tu veux, je peux t’aider à adapter la lettre modèle à ton cas précis et à vérifier les pièces reçues pour te dire si la réponse proposée protège au mieux tes droits.
Tu peux aussi consulter notre guide pour entrepreneures : comment lancer l’entrepreneuriat efficacement.